Féminisme: un guide à télécharger pour contrer les sceptiques

Vous en avez marre de faire face aux mêmes rengaines type « Je ne suis pas féministe, je suis humaniste » ?

Pas de soucis, le Centre Hubertine Auclert met à votre disposition un petit guide idéal pour propager les bonnes ondes militantes.

L’objectif:

« Déconstruire les idées reçues sur ce mouvement révolutionnaire, à grands renforts d’explications simples et détaillées, de retours aux bases élémentaires et de dessins colorés résumant non sans humour le discours de chaque texte. Sans oublier l’appui de citations éclairantes à souhait d’autrices et penseuses comme Simone de Beauvoir, Geneviève Fraisse et Benoîte Groult. A mettre entre toutes les mains donc.« 

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Le sexisme, « ça n’existe plus »!

Sarlet Marie, Dardenne Benoit, « Le sexisme bienveillant comme processus de maintien des inégalités sociales entre les genres », L’Année psychologique, 2012/3 (Vol. 112), p. 435-463. DOI : 10,407 4/S0003503312003053. URL : https://www.cairn.info/revue-l-annee-psychologique1-2012-3-page-435.htm

« La représentation que nous avons habituellement d’une personne sexiste est celle d’un homme aux attitudes clairement hostiles à l’égard des femmes. »

Sarlet Marie, Dardenne Benoit.

Une idée circule sur le fait que le sexisme semble disparu de nos sociétés. Selon l’article le sexisme bienveillant comme processus de maintien des inégalités sociales entre les genres, l’égalité serait atteint et les « féministes seraient victorieuses de tous leurs combats et largement partagées » (Delphy,1998,2001).

Mais cette idée qui circule est un mythe ! La réalité est différente !

POURQUOI CE PARADOXE ?

Toujours selon les auteurs de l’article, oui il y a eu des changements politiques et légaux. Cependant, au cours des années, les discriminations ont évolué et cette évolution les ont rendus plus complexes dans leurs manifestations.

Le sexisme n’est pas disparu, mais il aurait pris une autre forme très différente de celui que nous connaissons. C’est de cette manière que ces discriminations peuvent cohabiter avec le principe d’égalité malgré des conséquences observables. De plus, ces formes de sexisme persistent et passent inaperçues. Donc, plus difficile à « voir ». Il devient important, alors, de dépasser le concept connu du sexisme qui le définit comme uniquement à des attitudes antipathiques.

« Le sexisme n’aurait pas disparu, mais aurait été remplacé par des formes plus implicites de discrimination qui sont en accord, au moins superficiellement, avec le principe d’équité entre les genres véhiculé par nos sociétés (par exemple, Benokraitis & Feagin, 1995 ; Glick & Fiske, 1996). »

QUELLES SONT LES FORMES DE SEXISMES

Sexisme hostile : attitudes explicitement négatives envers les femmes qui sont considérées comme des manipulatrices aux idées féministes et agressives usant de leur séduction pour mieux contrôler les hommes (Glick et Fiske, 1996) Exemple, le harcèlement, l’humour sexiste, violences physiques, etc.

Sexisme bienveillant : attitudes subjectivement positives qui décrivent les femmes comme des créatures pures, qui doivent être protégées et adorées par les hommes et dont l’amour est nécessaire à ces dernières pour qu’ils se sentent complets.

Sexisme ambivalent : attitudes envers les femmes composées d’un mélange d’attitudes opposées (négatives et positives). Il y a coexistence entre le sexisme hostile et le sexisme bienveillant.

D’AUTRES CONCEPTS

Outre les trois définitions mentionnées ci-dessus, les auteurs « classent » les différentes formes de sexisme selon certaines caractéristiques. On parlera alors de sexisme old-fashioned, sexisme contemporain, sexisme moderne et de néo-sexisme.

Sexisme old-fashioned: les conceptions stéréotypiques d’un groupe spécifique caractérisées par une discrimination explicite (donc, du sexisme hostile). On pourrait le nommer aussi, le sexisme traditionnel. Celui auquel, nous sommes habitués.es de voir et qui fait partie de l’éducation de nos parents et grands-parents. Exemple, harcèlement, violence, etc.

Sexisme contemporain : ces manifestations se voient moins facilement. Il est exprimé de manière implicite et est associé à du sexisme bienveillant. On parle souvent dans le texte de « chevalerie ». Ces formes de « bienséances » sous-entendent que « les femmes sont fragiles et qu’elles ont besoin de la protection des hommes. Il suggère qu’elles sont inférieures et moins capables qu’eux ». (Sarlet, Dardenne, 2012) Exemple,  le mari de la femme enceinte va interdire à sa femme durant sa grossesse de conduire parce qu’il juge selon lui que cela est trop risqué (wikipédia, 2020)

Sexisme moderne et le néo-sexisme : sont classés dans la catégorie de sexisme contemporain de par sa « nouveauté ». La différence avec le sexisme bienveillant est que les individus dénient que la discrimination envers les femmes soit toujours un problème d’actualité. Les demandes des femmes paraissent exagérées et un ressentiment existe envers les faveurs spéciales octroyées par la société aux femmes. Exemple, les inégalités ne seraient ni douloureuses ni graves, le « vrai » sexisme ne serait que très peu répandu dans la société et les femmes aimeraient leur statut inférieur et opteraient librement et consciemment pour ce dernier. (wikipédia, 2020)

DEUX SORTES DE POUVOIR

Le sexisme bienveillant tire sa source d’un pouvoir dyadique. C’est-à-dire que les hommes « sont dépendants des femmes (intimité, reproduction) et encourageraient les formes bienveillantes de sexisme (vénération et protection des femmes) ». Il est alors question d’un paternalisme protecteur (bienveillance). L’homme doit protéger la femme !

Le sexisme hostile provient d’un pouvoir structurel. « Les hommes dominent au niveau des institutions politiques, légales, économiques et religieuses. » Ici, on parle d’un paternalisme dominateur (ou d’hostilité) qui démontre une dominance des hommes sur les femmes.

Mais les deux associent les femmes à des êtres inférieurs (dimensions biologiques et sociales qui leur sont communes).

UN PROCESSUS —sexisme hostile et bienveillant, des compléments

Utiliser uniquement le sexisme hostile envers les femmes pour exercer leur domination est impensable. En général, les hommes vont utiliser le sexisme hostile et le bienveillant pour exercer leur domination. C’est pourquoi Glick et Fiske (1996) constatent que les attitudes subjectivement positives sont simultanément accompagnées d’attitudes sexistes hostiles. « Le sexisme hostile et le sexisme bienveillant ont un but commun : maintenir les femmes dans une position de subordination. Il devient un processus complémentaire au maintien des inégalités ». (1)

MAIS COMMENT LE SEXISME MAINTIENT LES INÉGALITÉS SOCIALES ENTRE LES GENRES

Le sexisme bienveillant va récompenser les femmes qui respectent leurs rôles traditionnels liés à leur genre et le sexisme hostile va punir les femmes qui ne respectent pas ces mêmes rôles. Exemple, on est gentil avec une femme enceinte qui sera cliente dans un magasin (rôle traditionnel). Cependant, si elle est enceinte et qu’elle se présente à une entrevue pour un emploi, elle ne sera pas engagée (non-respect du rôle traditionnel qui se veut qu’une maman, ça reste à la maison).

Le sexisme bienveillant permet l’acceptation des rôles prédéfinis traditionnels. Il sera mieux accepté par les femmes victimes. De plus, il permet aux hommes sexistes de justifier leur « hostilité vers les femmes qui le “méritent” et de se faire valoir comme des protecteurs des femmes que comme des dominateurs hostiles. » Le sexisme bienveillant désarme les femmes face à l’hostilité et même, la rendrait acceptable.

Source: Sarlet Marie, Dardenne Benoit, « Le sexisme bienveillant comme processus de maintien des inégalités sociales entre les genres », L’Année psychologique, 2012/3 (Vol. 112), p. 435-463. DOI : 10,407 4/S0003503312003053. URL : https://www.cairn.info/revue-l-annee-psychologique1-2012-3-page-435.htm

La Fédération américaine de soccer revoit son discours sur l’égalité salariale

Agence Presse France. (2020, mars 31). Radio-Canada. Consulté le 1 avril 2020, à l’adresse https://ici.radio-canada.ca/

C’est en mars 2019 que les joueuses de soccer américaines ont intenté une poursuite contre leur organisation pour discrimination salariale qu’elles accusent de « discrimination sexuelle institutionnalisée depuis de nombreuses années ».(1)

Vingt-huit (28) joueuses de soccer (footballeuses) dénoncent l’écart de salaire existant par rapport à l’équipe masculine. De plus, elles rapportent que des inégalités subsistent concernant le choix de l’endroit, des moments et de la fréquence des matchs disputés, sur leur façon de s’entraîner, la façon dont elles sont dirigées et même la manière dont elles reçoivent des traitements médicaux et leurs déplacements pour les matchs.

 » Les avocats de l’instance ont écrit, dans les documents, que la fédération ne contexte plus le fait que les fonctions de l’équipe nationale féminine et celles de l’équipe masculine nécessitent des compétences, des efforts et des responsabilités égaux.

L’USSF mentionnait dans un précédent dossier

que jouer dans l’équipe nationale masculine exigeait un niveau plus élevé de compétences, basés sur la vitesse et la force, et revêtait une plus grande responsabilité […] »

Des mots qui ont suscité une indignation immédiate et généralisée (joueuses, dirigeants, commanditaires) poussant la Fédération américaine de soccer à démissionner. La vice-présidente, Cindy Parlow Cone, ancienne joueuse internationale américaine, a pris l’intérim de la présidence et a « émis le souhait d’apaiser la situation, alors que le procès intenté par les joueuses de l’équipe nationale est prévu le 5 mai. » (3)

« Les joueuses réclament 66 millions de dollars en arriérés de salaire en vertu de la loi sur l’égalité de rémunération et sur les droits civils. De plus, elles dominent actuellement le soccer mondial avec 4 des 8 Coupes du monde, dont une en 2015 et une autre en 2019. »

(1) Agence Presse France. (2020, mars 31). Radio-Canada. Consulté le 1 avril 2020, à l’adresse https://ici.radio-canada.ca/

L’info lettre de mars 2020

Dans l’info lettre de mars 2020, la brigade fait un résumé des publications du mois sur les différents réseaux sociaux et site Internet.

Pour lire l’infolettre c’est par ici !

« Quand un homme donne son opinion, c’est un homme. Quand une femme donne son opinion, c’est une garce.
– Bette Davis-

Petit guide pratique pour que les hommes mettent fin au sexisme

Source: https://www.konbini.com/fr/tendances-2/guide-pratique-homme-sexisme/

« Apprenez à vos fils à ne pas violer, au lieu d’apprendre à vos filles comment éviter d’être violées »

Parler et dénoncer le sexisme ne suffit pas à faire changer les choses. Il faut passer à l’action. Comme le mentionne l’article de kobini.com, « Les hommes n’ont pas forcément conscience de perpétuer ce système d’oppression, mais ayant grandi en son cœur, en position de domination, ils ont de fait leurs responsabilités. Et il est grand temps de les assumer« !

On vous propose un petit guide pratique pour les que les hommes mettent fin au sexisme.

  1. Les femmes ne sont pas inférieures aux hommes
  2. Sans consentement clair et éclairé, c’est toujours non.
  3. En finir avec les généralités sexistes sur les femmes
  4. Stop à « l’humour » fait au détriment des femmes
  5. Arrêtez de considérer le masculin comme l’universel
  6. Ce n’est pas aux femmes de « faire attention » à ne pas se faire agresser par les hommes
  7. Écoutez-nous
  8. Arrêtez de systématiquement faire primer les hommes
  9. Écoutez les victimes présumées
  10. Vous faites parties du problème (prendre conscience des inégalités qui sont considérées normales et éviter de les répéter)
  11. Vous avez le devoir d’intervenir
  12. Pour changer tout un système, il faut une implication globale
  13. Un engagement de tous les hommes (prise de conscience)

Pour lire l’article au complet et en détails, c’est par ici

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