Sexisme et violence

Source: hhttps://www.bienetrealecole.ca/modules-de-formation/equite-et-education-inclusive/comprendre-le-sexisme-le-racisme-et-lhomophobie/sexisme-et-violence

Un grand nombre de personnes croient que le sexisme a été éradiqué et que les femmes ont droit à la pleine égalité. Les filles et les jeunes femmes de classe moyenne ont beaucoup plus de débouchés et d’options qu’il y a 40 ans. Elles réussissent dans une multitude de professions. Un grand nombre d’entre elles ne s’identifient pas comme étant féministes. Selon elles, il n’est plus nécessaire de se battre pour atteindre l’égalité de nos jours.

En examinant la situation de plus près, on se rend compte que cette affirmation est fausse. Lorsqu’on expose les problèmes sociaux touchant les femmes au Canada, il est évident que les inégalités sociales sont toujours présentes. La fréquence des agressions sexuelles et de toutes les formes de violence contre les filles et les femmes est un autre indicateur clé et une conséquence dévastatrice de l’inégalité. (Voir le rapport intitulé « Inégalité des femmes au Canada » publié par L’alliance canadienne féministe pour l’action internationale.)

Le sexisme n’a pas disparu, il prend plutôt de nouvelles formes. Les manifestations contemporaines du sexisme sont toujours liées à l’inégalité des femmes.

PLUS D’INFORMATIONS

Pourquoi il faut arrêter de dire aux femmes qu’il est dangereux de voyager seule

Source: https://blog.courrierinternational.com/ma-vie-a-teheran/2020/01/24/pourquoi-il-faut-arreter-de-dire-aux-femmes-quil-est-dangereux-de-voyager-seule / auteure: Lucie Azema / 24 janvier 2020

Non seulement c’est sexiste, mais en plus c’est faux.

Les femmes ont longtemps été écartées des voyages au long cours et des « grandes explorations ». Certaines ont réussi à s’y glisser, comme Jeanne Barret, mais à la seule condition de se faire passer pour des hommes. Ces derniers se sont longtemps gardé les possibilités d’exploits et se sont ménagé des espaces non mixtes où les femmes étaient réduites à des objets de superstitions et de craintes (notamment dans le milieu maritime) – voire à des objets tout court.

Progressivement, les femmes se sont mises à voyager autant que les hommes, de plus en plus loin et de plus en plus seules. Leur éviction du voyage a disparu sur le plan légal, mais persiste sous couvert de « bienveillance » : voyager seule pour une femme serait une chose beaucoup plus dangereuse que pour un homme.

L’aventure, une affaire d’hommes

Aux hommes les grands espaces, les échappées belles et les plaisirs de la solitude consentie. Pourtant, les risques du voyage existent pour eux aussi. Mais dans leur cas, c’est romantique, ça relève du dépassement de soi, c’est l’aventure avec un grand A.

La femme, quant à elle, c’est celle qui reste. A l’image de Pénélope qui attend fidèlement Ulysse pendant que celui-ci enchaîne les aventures et les exploits. L’héroïsme de Pénélope réside dans son attente, sa patience, son immobilité. Le voyage est censé être dangereux pour les femmes, on leur répète qu’elles vont à l’avant de grands dangers. En revanche, il est leur est recommandé de s’anéantir dans l’amour et dans l’attente de celui-ci.

La grande force de ce modèle est de faire apparaître les contre-histoires (on aurait même envie d’écrire les contre-destins) comme exceptionnels. Alors oui, en un sens, ils le sont : pour une femme, jouir pleinement de sa liberté de mouvement – et de sa liberté en général – requiert un élan supplémentaire. Le coût social, psychologique et relationnel est bien plus grand que pour un homme.  Mais cette vision appliquée à un argumentaire sexiste et misogyne revient à affirmer qu’une femme qui voyage seule prend des risques inconsidérés, que dans le meilleur des as elle est inconsciente – sinon qu’elle est immorale.

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Exemple de sexisme bienveillant

« Nous sommes samedi matin. Je viens de démarrer ma voiture pour la faire réchauffer avec le froid nordique qui couvre le Centre-du-Québec. Surprise au retour dans ma voiture, le pare-brise est fissuré.

Un homme m’écris via un réseau social très populaire pour avoir des nouvelles. Je ne le connais pas vraiment (voir pas du tout). Je lui raconte ma mésaventure et la discussion devient vraiment « weird ».

Lors de la discussion, l’homme me nomme « ma chérie », « ma belle » alors que je ne le connais pas du tout. (sexisme bienveillant)

Il me demande mes papiers d’assurances pour vérifier ma franchise pour mon pare-brise et le nom de mon contact. Je refuse relativement poliment. (Sexisme bienveillant)

Puis après mon refus, il ajoute que je suis « bête ». Je ne comprends toujours pas comment je peux réussir mon compte, alors que ce sont des textos. Je me fais répondre qu’il lit les émotions. (mansplanning / sexisme bienveillant)

Résultat, je me suis fâchée, je l’ai bloqué et j’ai écrit cette publication.

Je peux comprendre que la personne avait la magnifique intention de m’aider. Cependant, je ne t’appartiens pas, je ne te connais pas et la confiance, à mon avis, ça se mérite.

Je me suis sentie comme une enfant de 2 ans, immature et incapable de gérer mes responsabilités. Je me suis sentie comme une incompétente, « poche » et oui, profondément offensée.

Cependant, je me suis fâchée. Ce genre d’irrespect, à mon avis, c’est tout simplement non ! C’est tout simplement inacceptable. Je l’ai nommé et je le dénonce. Je ne suis pas inférieure, je ne le serai jamais !

Entrevue – Radio-Canada

Le 8 janvier 2020, l’agente de projet de la TCMFCQ, Maryse St-Arneault, était en entrevue à l’émission Facteur matinal de Radio-Canada pour parler du projet Sexisme, pas ici !

Pour réentendre l’entrevue, cliquer sur le lien ci-dessous:

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/facteur-matinal/episodes/452051/rattrapage-du-mercredi-8-janvier-2020/6?fbclid=IwAR0qmuDQfFl1LPhafp2ZbqfjB17ZYAxi1PPt71YgD3o13UnetxhUDT-PkJ4

Un genre d'énigme

Source: @MarcCassivi – LaPresse – http://plus.lapresse.ca/screens/1c8d0d38-3983-4632-82ef-c52faf93f8e3__7C___0.html / 19 mars 2017

Chronique de Marc Cassivi, La Presse. 19 mars 2017.

Commençons par une énigme.

Un homme et son fils ont un grave accident de la route. Le père meurt sur-le-champ. Son fils, grièvement blessé, est envoyé d’urgence à l’hôpital le plus proche. Arrivé sur place, il est accueilli par un médecin qui, secoué, dit aux ambulanciers : « Je ne peux pas opérer ce garçon. C’est mon fils. »

Qui est ce médecin ?

Commençons par une énigme. Un homme et son fils ont un grave accident de la route. Le père meurt sur-le-champ. Son fils, grièvement blessé, est envoyé d’urgence à l’hôpital le plus proche. Arrivé sur place, il est accueilli par un médecin qui, secoué, dit aux ambulanciers : « Je ne peux pas opérer ce garçon. C’est mon fils. »

Qui est ce médecin ? Réfléchissez-y un instant, puis revenez (donc) lire le reste de cette chronique…

Comme je suis un homme et que je surestime sans doute mon intelligence (on y reviendra), lorsqu’on m’a posé récemment cette énigme sur les préjugés inconscients – vieille d’au moins une trentaine d’années –, j’ai cru que j’avais élucidé le mystère. « C’est un couple gai ! Le chirurgien est homosexuel. Vous ne m’aurez pas ! »

Et comme la plupart des gens, tous sexes confondus, j’avais tort.

Si vous avez hésité avant de répondre, ou que vous n’avez pas trouvé la réponse, c’est que vous avez, tout comme moi et la vaste majorité des répondants, intégré le stéréotype selon lequel un chirurgien est forcément un homme. Comme moi, qui me prétends féministe, vous n’avez pas pensé spontanément que le médecin qui a accueilli le garçon blessé était en fait sa mère.

Les stéréotypes et les préjugés inconscients régissent nos interactions, bien davantage que l’on ne le présuppose. Ils façonnent insidieusement notre manière de réfléchir, d’anticiper et d’appréhender le monde dans lequel nous vivons. Un monde où, malgré les avancées du féminisme, l’on présume généralement que c’est un homme qui est en position d’autorité (ce qui n’est pas faux).

Ce n’est pas par mauvaise volonté. Notre cerveau est conditionné depuis notre naissance à analyser spontanément des situations selon un certain nombre d’a priori ayant trait au genre, à l’âge, au groupe ethnique, à la religion, à l’orientation sexuelle, etc.

Il est aussi influencé par la manière dont on lui présente les choses : les mots qui sont par exemple utilisés pour raconter une histoire (il y a volontairement une majorité de termes masculins dans l’énigme du début de cette chronique).

Dans un fascinant dossier publié dans nos pages, mes collègues Marie-Claude Malboeuf et Mathieu Perreault s’intéressent à ce qui modèle différemment les comportements des filles et des garçons dès le plus jeune âge. Des chercheurs américains ont révélé en janvier dans la revue Science qu’entre l’âge de 5 et 6 ans, la perception que les fillettes ont d’elles-mêmes change de manière radicale : alors qu’elles se considèrent comme aussi brillantes que les garçons à 5 ans, ce n’est plus le cas à peine un an plus tard.

Selon ce qu’ont révélé les chercheurs à mes collègues, quelque 65 % des filles et des garçons de 5 ans interrogés dans le cadre d’une étude sur un jeu destiné aux enfants « vraiment, vraiment intelligents » considéraient que le personnage surdoué mis en scène était du même sexe qu’eux. Mais dès l’âge de 6 ans, les filles avaient à 60 % tendance à associer le fait d’être brillant à un personnage masculin (contre 64 % pour les garçons).

Comment expliquer ce soudain revirement de perception ? Il serait lié à l’âge de la raison, cette période d’apprentissage où l’enfant prend conscience du monde qui l’entoure, de l’image qu’il projette et de la manière dont il est perçu par les autres.

Le moment de la perte de l’innocence coïncide, selon cette nouvelle étude américaine, avec celui où plusieurs jeunes filles perdent soudainement confiance en leurs moyens et s’estiment « moins intelligentes » que les garçons. Même lorsqu’elles obtiennent de meilleurs résultats scolaires !

Ce phénomène est sans doute lié aux préjugés tenaces qu’entretiennent autant les hommes que les femmes sur la réussite : les filles réussissent parce qu’elles travaillent fort et sont disciplinées ; les garçons réussissent parce qu’ils ont des aptitudes supérieures et un talent naturel.

Pour leur faire un compliment, on dit aux filles qu’elles sont belles, alors qu’on dit aux garçons qu’ils sont doués. C’est un réflexe intégré qui perdure même à l’âge adulte. Vous irez voir les commentaires sous les photos de vos amies sur Facebook pour vous en convaincre (« T’es tellement belle ! ! ! » et autres variations sur le même thème).

Ce conditionnement culturel a de nombreux effets pervers. Il contribue notamment à ce que les filles se privent, dès un très jeune âge, d’expériences formatrices qui pourraient forger favorablement leur estime d’elles-mêmes (et leur servir dans leur vie professionnelle). Il explique aussi en partie, selon les chercheurs, pourquoi si peu de femmes se destinent à des carrières scientifiques, en particulier en physique ou en mathématiques.

Cette tendance à sous-estimer le potentiel des filles n’est pas propre aux États-Unis ou à l’Amérique du Nord, selon ce que révèlent les spécialistes consultés par mes collègues.

Les deux tiers des Européens interrogés à ce sujet il y a deux ans ont déclaré que les femmes n’avaient pas les capacités suffisantes pour devenir des « scientifiques de haut niveau ».

C’est un constat choquant, mais un peu partout dans le monde, les parents trouvent leurs fils plus intelligents que leurs filles. Et inversement, filles comme garçons estiment leur père plus intelligent que leur mère. Bref, les garçons profitent d’un préjugé très favorable eu égard à leurs capacités cognitives, contrairement aux filles.

Les hommes eux-mêmes (j’y faisais référence en début de chronique) se croient plus intelligents qu’ils ne le sont réellement, ce qui n’est pas le cas des femmes. Alors que dans les faits, selon une majorité de spécialistes, il n’y a pas d’écart significatif en matière de mesure de l’intelligence des hommes et des femmes.

Le cercle des préjugés est particulièrement vicieux et nourrit sans relâche le sexisme. Devant des garçons qui surestiment leurs capacités et sous-estiment celles des filles, celles-ci, pourtant plus lucides vis-à-vis de leurs propres compétences, se trouvent désavantagées très tôt en société.

C’est démontré scientifiquement : bomber le torse procure un avantage net à l’homme, alors que la modestie de la femme lui nuit. L’homme benêt qui se targue de ses exploits réussit mieux que la femme supérieurement intelligente jouant la carte de l’humilité. On dira que la plus récente élection présidentielle américaine en est la preuve irréfutable…

— Marc Cassivi, la Presse —–

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