Entrevue – Radio-Canada

Le 8 janvier 2020, l’agente de projet de la TCMFCQ, Maryse St-Arneault, était en entrevue à l’émission Facteur matinal de Radio-Canada pour parler du projet Sexisme, pas ici !

Pour réentendre l’entrevue, cliquer sur le lien ci-dessous:

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/facteur-matinal/episodes/452051/rattrapage-du-mercredi-8-janvier-2020/6?fbclid=IwAR0qmuDQfFl1LPhafp2ZbqfjB17ZYAxi1PPt71YgD3o13UnetxhUDT-PkJ4

Un genre d’énigme

Source: @MarcCassivi – LaPresse – http://plus.lapresse.ca/screens/1c8d0d38-3983-4632-82ef-c52faf93f8e3__7C___0.html / 19 mars 2017

Chronique de Marc Cassivi, La Presse. 19 mars 2017.

Commençons par une énigme.

Un homme et son fils ont un grave accident de la route. Le père meurt sur-le-champ. Son fils, grièvement blessé, est envoyé d’urgence à l’hôpital le plus proche. Arrivé sur place, il est accueilli par un médecin qui, secoué, dit aux ambulanciers : « Je ne peux pas opérer ce garçon. C’est mon fils. »

Qui est ce médecin ?

Commençons par une énigme. Un homme et son fils ont un grave accident de la route. Le père meurt sur-le-champ. Son fils, grièvement blessé, est envoyé d’urgence à l’hôpital le plus proche. Arrivé sur place, il est accueilli par un médecin qui, secoué, dit aux ambulanciers : « Je ne peux pas opérer ce garçon. C’est mon fils. »

Qui est ce médecin ? Réfléchissez-y un instant, puis revenez (donc) lire le reste de cette chronique…

Comme je suis un homme et que je surestime sans doute mon intelligence (on y reviendra), lorsqu’on m’a posé récemment cette énigme sur les préjugés inconscients – vieille d’au moins une trentaine d’années –, j’ai cru que j’avais élucidé le mystère. « C’est un couple gai ! Le chirurgien est homosexuel. Vous ne m’aurez pas ! »

Et comme la plupart des gens, tous sexes confondus, j’avais tort.

Si vous avez hésité avant de répondre, ou que vous n’avez pas trouvé la réponse, c’est que vous avez, tout comme moi et la vaste majorité des répondants, intégré le stéréotype selon lequel un chirurgien est forcément un homme. Comme moi, qui me prétends féministe, vous n’avez pas pensé spontanément que le médecin qui a accueilli le garçon blessé était en fait sa mère.

Les stéréotypes et les préjugés inconscients régissent nos interactions, bien davantage que l’on ne le présuppose. Ils façonnent insidieusement notre manière de réfléchir, d’anticiper et d’appréhender le monde dans lequel nous vivons. Un monde où, malgré les avancées du féminisme, l’on présume généralement que c’est un homme qui est en position d’autorité (ce qui n’est pas faux).

Ce n’est pas par mauvaise volonté. Notre cerveau est conditionné depuis notre naissance à analyser spontanément des situations selon un certain nombre d’a priori ayant trait au genre, à l’âge, au groupe ethnique, à la religion, à l’orientation sexuelle, etc.

Il est aussi influencé par la manière dont on lui présente les choses : les mots qui sont par exemple utilisés pour raconter une histoire (il y a volontairement une majorité de termes masculins dans l’énigme du début de cette chronique).

Dans un fascinant dossier publié dans nos pages, mes collègues Marie-Claude Malboeuf et Mathieu Perreault s’intéressent à ce qui modèle différemment les comportements des filles et des garçons dès le plus jeune âge. Des chercheurs américains ont révélé en janvier dans la revue Science qu’entre l’âge de 5 et 6 ans, la perception que les fillettes ont d’elles-mêmes change de manière radicale : alors qu’elles se considèrent comme aussi brillantes que les garçons à 5 ans, ce n’est plus le cas à peine un an plus tard.

Selon ce qu’ont révélé les chercheurs à mes collègues, quelque 65 % des filles et des garçons de 5 ans interrogés dans le cadre d’une étude sur un jeu destiné aux enfants « vraiment, vraiment intelligents » considéraient que le personnage surdoué mis en scène était du même sexe qu’eux. Mais dès l’âge de 6 ans, les filles avaient à 60 % tendance à associer le fait d’être brillant à un personnage masculin (contre 64 % pour les garçons).

Comment expliquer ce soudain revirement de perception ? Il serait lié à l’âge de la raison, cette période d’apprentissage où l’enfant prend conscience du monde qui l’entoure, de l’image qu’il projette et de la manière dont il est perçu par les autres.

Le moment de la perte de l’innocence coïncide, selon cette nouvelle étude américaine, avec celui où plusieurs jeunes filles perdent soudainement confiance en leurs moyens et s’estiment « moins intelligentes » que les garçons. Même lorsqu’elles obtiennent de meilleurs résultats scolaires !

Ce phénomène est sans doute lié aux préjugés tenaces qu’entretiennent autant les hommes que les femmes sur la réussite : les filles réussissent parce qu’elles travaillent fort et sont disciplinées ; les garçons réussissent parce qu’ils ont des aptitudes supérieures et un talent naturel.

Pour leur faire un compliment, on dit aux filles qu’elles sont belles, alors qu’on dit aux garçons qu’ils sont doués. C’est un réflexe intégré qui perdure même à l’âge adulte. Vous irez voir les commentaires sous les photos de vos amies sur Facebook pour vous en convaincre (« T’es tellement belle ! ! ! » et autres variations sur le même thème).

Ce conditionnement culturel a de nombreux effets pervers. Il contribue notamment à ce que les filles se privent, dès un très jeune âge, d’expériences formatrices qui pourraient forger favorablement leur estime d’elles-mêmes (et leur servir dans leur vie professionnelle). Il explique aussi en partie, selon les chercheurs, pourquoi si peu de femmes se destinent à des carrières scientifiques, en particulier en physique ou en mathématiques.

Cette tendance à sous-estimer le potentiel des filles n’est pas propre aux États-Unis ou à l’Amérique du Nord, selon ce que révèlent les spécialistes consultés par mes collègues.

Les deux tiers des Européens interrogés à ce sujet il y a deux ans ont déclaré que les femmes n’avaient pas les capacités suffisantes pour devenir des « scientifiques de haut niveau ».

C’est un constat choquant, mais un peu partout dans le monde, les parents trouvent leurs fils plus intelligents que leurs filles. Et inversement, filles comme garçons estiment leur père plus intelligent que leur mère. Bref, les garçons profitent d’un préjugé très favorable eu égard à leurs capacités cognitives, contrairement aux filles.

Les hommes eux-mêmes (j’y faisais référence en début de chronique) se croient plus intelligents qu’ils ne le sont réellement, ce qui n’est pas le cas des femmes. Alors que dans les faits, selon une majorité de spécialistes, il n’y a pas d’écart significatif en matière de mesure de l’intelligence des hommes et des femmes.

Le cercle des préjugés est particulièrement vicieux et nourrit sans relâche le sexisme. Devant des garçons qui surestiment leurs capacités et sous-estiment celles des filles, celles-ci, pourtant plus lucides vis-à-vis de leurs propres compétences, se trouvent désavantagées très tôt en société.

C’est démontré scientifiquement : bomber le torse procure un avantage net à l’homme, alors que la modestie de la femme lui nuit. L’homme benêt qui se targue de ses exploits réussit mieux que la femme supérieurement intelligente jouant la carte de l’humilité. On dira que la plus récente élection présidentielle américaine en est la preuve irréfutable…

— Marc Cassivi, la Presse —–

La consommation genrée: sortir du moule (Gazette des femmes)

« Vêtements, jouets, articles corporels ou ménagers, mise en marché ciblée, taxe rose… l’univers infini de la consommation est décidément genré. Ordre naturel des choses? Parions plutôt sur la magie de l’industrie, à qui le sempiternel clivage entre le rose et le bleu profite gros. On en convient, les stéréotypes de genre ont la vie de plus en plus dure. Certaines entreprises et agences de publicité font d’ailleurs des efforts louables pour renverser la vapeur. En cette période de l’année où le bonheur c’est d’acheter, la Gazette des femmes décortique la consommation à travers le prisme du marketing genré. »

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SansStéréotypes: Les choix scolaires et professionnels (SCF)

Info-lettre du Secrétariat à la condition féminine du Québec.

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Les choix scolaires et professionnels

Les garçons et les filles peuvent mettre à profit leur plein potentiel dans une multitude de domaines professionnels. Cela dit, les choix de carrières des jeunes sont encore très influencés par les modèles qui leur sont présentés.   Une ingénieure mécanique, un infirmier, pourquoi pas? Proposer des modèles diversifiés de femmes et d’hommes qui travaillent dans différents domaines offre aux enfants la possibilité d’envisager des options aussi nombreuses que variées et d’exprimer leur personnalité en s’affranchissant des stéréotypes associés à leur sexe. Pour en savoir plus…

LE SAVIEZ-VOUS ?

En 2018, les femmes gagnaient en moyenne 89 cents pour chaque dollar gagné par les hommes (Statistique Canada, 2019). Cet écart de salaire s’explique en partie par le fait que les emplois majoritairement féminins continuent d’offrir une rémunération inférieure à celle des emplois à prédominance masculine.

Une majorité de femmes se retrouve dans un nombre plus restreint de professions par rapport aux hommes. En 2017, près de 70% des filles inscrites à la formation professionnelle au secondaire (DEP) se concentraient dans deux domaines d’études, alors que les garçons se répartissaient dans une plus grande variété de domaines (CSF, Portrait des Québécoises, édition 2018).  

Les différences d’intérêts entre filles et garçons, et entre femmes et hommes, n’ont rien de biologique. Elles ne sont donc pas liées au sexe, mais à une éducation différente selon qu’il s’agit d’une fille ou d’un garçon.

Votre intervention peut changer les choses :

  1. Diversifiez les activités pour que les enfants cultivent toutes les compétences nécessaires à leur réussite scolaire.
  2. Amenez les enfants à acquérir une ouverture d’esprit par rapport aux choix des autres.
  3. Démontrez que le sexe d’une personne ne la restreint pas dans ses choix.
  4.  Démontrez aux enfants qu’il existe des modèles variés de travailleuses et de travailleurs (par exemple, une camionneuse et un infirmier).
  5. Invitez les jeunes à explorer différentes avenues qui reflètent leurs propres intérêts et compétences en matière de choix scolaires et professionnels.

Vous êtes parents?

Avec quelques changements simples dans vos interventions, vous pouvez favoriser l’épanouissement des filles et des garçons qui vous entourent.

Pour d’autres idées d’intervention, consultez la rubrique Que pouvons-nous faire?

Vous travaillez dans un service de garde éducatif à l’enfance?

Téléchargez ou procurez-vous le livre Tu peux d’Élise Gravel et faites-en la lecture avec les jeunes afin de les sensibiliser aux différentes manières d’exprimer leur personnalité, qu’ils soient filles ou garçons.

Vous travaillez en milieu scolaire?

Visionnez la capsule vidéo « Défi construction », de la Commission de la construction du Québec, qui met en lumière de façon ludique les avantages d’avoir une mixité dans les différents domaines de professions.

Explorez aussi notre boîte à outils Les choix scolaires et professionnels pour voir toute la variété des outils disponibles.

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