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Ces mots sexistes du dictionnaire

Des militants français dénoncent certaines définitions jugées sexistes dans le Larousse 2020.

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/le-15-18/segments/entrevue/155108/linguiste-francais-sexisme-feminisme-langue

Photo: https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/art-culture-edition/dictionnaires-quels-sont-les-nouveaux-mots-cette-annee_2752207.html

Selon le dictionnaire Larousse, une boulangère n’est pas une femme qui confectionne du pain, mais bien « la femme du boulanger ». Et on ne parle pas ici du Larousse de 1952, mais bien de celui de 2020. Des voix s’élèvent d’ailleurs, en France, contre les définitions sexistes contenues dans ce dictionnaire. Selon la linguiste Pierrette Vachon-L’Heureux, qui a travaillé à l’Office québécois de la langue française (OQLF), la France accuse un retard par rapport au Québec sur la féminisation du français.

Le fait que le Larousse considère une présidente comme la femme d’un président et une guerrière comme une jeune femme qui revendique avec agressivité et violence sa place dans la société n’étonne pas Pierrette Vachon-L’Heureux : Nous avons affaire à une autre collectivité que la nôtre. C’est une représentation de cette société, et on voit bien qu’il y a des choses qui traînent.

Dans la société française que l’on connaît, le machisme est plus installé que chez nous. Et ça, ça fait une différence dans ce que les gens veulent projeter dans leur langage. Pierrette Vachon-L’Heureux, linguiste

Au Québec, le changement de mentalité s’est amorcé dans les années 70. À l’OQLF, à cette époque-là, on a dû proposer des formes pour les fonctions, les métiers dans l’administration publique, se rappelle la linguiste. Alors, ça a donné un élan et c’est là qu’on s’est mis à proposer toutes sortes de formes féminines.

Ce changement est toutefois loin de s’être fait dans l’harmonie. Il y a eu beaucoup de réticences, à plusieurs endroits, mais ça s’est installé petit à petit, affirme Pierrette L’Heureux-Vachon.

Et cette réticence existe toujours à l’heure actuelle en France. La linguiste affirme même que certaines de ses amies françaises se sont fait réprimander pour avoir demandé de se faire appeler directrices.

Sous la pression des militants en France, les responsables du Larousse ont affirmé que des changements seront apportés à la définition de certains mots.

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/le-15-18/segments/entrevue/155108/linguiste-francais-sexisme-feminisme-langue

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TOUT PEUT CHANGER dans les coulisses du sexisme à Hollywood [Bande annonce]

https://www.journaldesfemmes.fr/loisirs/cinema/2604295-tout-peut-changer-dans-les-coulisses-du-sexisme-a-hollywood-bande-annonce/ Article du journal des femmes – Marie Dis.

Bande annonce de « Tout peut changer »

Synopsis : Tout peut changer est un documentaire qui révèle ce qui se cache derrière l’une des aberrations de l’industrie du cinéma américain : la sous-représentation des femmes à Hollywood. Le réalisateur Tom Donahue met en avant des décennies de discrimination à l’égard des femmes derrière et devant la caméra, grâce notamment à une méthode inédite d’étude des données chiffrées, avec, à l’appui, des centaines de témoignages accablants.  Plus important encore, le film cherche et propose des solutions qui vont au-delà de l’industrie du cinéma et bien au-delà des frontières américaines, à travers les témoignages de nombreuses voix d’Hollywood, dont Meryl Streep, Cate Blanchett, Natalie Portman, Reese Witherspoon, Sandra Oh, Jessica Chastain, Chloë Grace Moretz, Shonda Rhimes, ou encore, Geena Davis, également productrice exécutive du film ; pour mettre en exergue ce qui peut et doit changer.

@ Marie Dis, Journal des femmes culture, https://www.journaldesfemmes.fr/loisirs/cinema/2604295-tout-peut-changer-dans-les-coulisses-du-sexisme-a-hollywood-bande-annonce/

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Quelques statistiques

Source et lien d’auteure de l’article: Fédération des maisons d’hébergement pour femmes – « Quelques statistiques »

La Déclaration de l’Organisation des Nations unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes affirme que : « la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu’elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes. »

La violence à l’égard des femmes est une problématique systémique dont l’ampleur est toujours inquiétante au 21e siècle, malgré les nombreuses avancées réalisées. Cette problématique dépasse le cadre de référence de la violence conjugale, car c’est de tout un système dont il s’agît. Un système de domination, qui prend source dans le patriarcat et se nourrit des inégalités, des valeurs, des religions et des lois, persiste encore aujourd’hui. C’est ce système d’inégalités, sur plusieurs plans, qui génère et maintien la violence faite aux femmes[MP1] . Toute action qui dévalorise les femmes,  ou perpétue leur inégalité vis-à-vis des hommes contribue à renforcer la tolérance de la société à l’égard de la violence faite aux femmes et minimise l’importance du problème. Reconnaître le contexte social de la violence faite aux femmes est nécessaire pour y fin.

Inégalité économique

En 2009, le revenu moyen des femmes était de 23% inférieur à celui des hommes, soit près de 10000$ de moins par année. Le salaire horaire moyen des femmes était de 13 % plus bas que celui gagné par les hommes. Pas moins de 63,4 % des personnes travaillant au salaire minimum étaient des femmes(ISQ, 2009). À cette faiblesse de revenu s’ajoute celle associée à la monoparentalité. Le revenu d’emploi des mères seules n’équivaut qu’à 68,7 % de celui des pères seuls (SCF, 2010).

Inégalités professionnelles

Même lorsque les femmes s’orientent vers une carrière typiquement masculine comme le génie, leur rémunération est moins élevée. La ségrégation professionnelle, est l’une des formes les plus pernicieuses d’inégalité sur le marché du travail puisqu’elle s’accompagne de moins bonnes conditions de travail et de rémunération inférieure dans les professions féminines (Boulet, 2013). En 2012, des 13 300 postes de cadres supérieurs au Québec, plus de 10 000 sont occupés par des hommes(Boulet. 2013). En 2007, les femmes accomplissent annuellement 19 % d’heures réelles de travail de moins que les hommes. Elles s’absentent quatre fois plus d’heures que les hommes pour des obligations personnelles ou familiales et perdent 24 % plus d’heures en raison de la maladie ou de l’incapacité (SCF, 2010).

Inégalités (violence) sexuelle

Au Québec, en 2012, les données policières montrent que les femmes forment 96 % des victimes d’agression sexuelle. Dans leurs relations actuelles, une femme sur trois et un homme sur cinq rapportent être victimes de coercition sexuelle  (c’est-à-dire faire en sorte qu’une personne s’engage dans une activité sexuelle malgré sa propre volonté de la part de leur partenaire), tandis que une femme sur cinq et un homme sur quatre rapportent perpétrer de la CS dans leur couple (CRIPAS, 2010).

Inégalités domestiques

Selon les données du Recensement de 2006, de Statistiques Canada, les Québécoises assureraient 60% du travail domestique et elles représentaient 70% des aidantes naturelles. En 2005, dans la population de 15 ans et plus, les femmes consacrent 54 % de leurs heures productives au travail domestique et 46 % au travail professionnel, alors que c’est l’inverse chez les hommes (34 %, travail domestique; 66 %, activités professionnelles) (SCF, 2010).

Inégalités en santé

En 2005, en proportion, plus de femmes que d’hommes déclarent avoir au moins un problème de santé de longue durée (71,8 % des femmes, 63,6 % des hommes). Toujours en 2005, plus d’une femme sur quatre (26,0 %) comparativement à un homme sur cinq (19,5 %) affiche un degré élevé de détresse psychologique (intimement liée aux troubles mentaux)

L’enquête sociale générale (Statistique Canada, ESG, 2009) indique que les femmes limitées dans leurs activités, à cause d’une condition ou d’un problème de santé, sont quasiment deux fois plus sujettes à la violence conjugale que les autres femmes (SCF, 2010).

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Sexisme bienveillant ou galanterie ?

Source: https://www.huffingtonpost.fr/entry/dessinatrice-emma-sexisme-bienveillant_fr_5dada51ae4b0f34e3a7929a8

*** Attention *** : le sujet de la galanterie est discutable selon la personne qui la reçoit. Les personnes plus âgées y seront sensible (voir de manière agréable). Le sujet est intéressant parce qu’il crée une réflexion est un certain débat !

L’article ci-dessous est créée par l’autrice Emma qui a déjà illustré la charge mentale des femme qui a connu un succès sur les réseaux sociaux.

L’autrice Emma, connue pour son travail sur la charge mentale, sort ce jeudi 24 octobre une nouvelle BD intitulée « Des princes pas si charmants et autres illusions à dissiper ensemble! »

Si l’on parle de charge mentale aujourd’hui en France, c’est en grande partie grâce à elle. L’autrice féministe Emma, à qui l’on doit déjà trois bandes dessinées sur le sujet, revient ce jeudi 24 octobre avec la parution en librairie d’un quatrième tome intitulé “Des princes pas si charmants, et autres illusions à dissiper ensemble”.

Privilèges masculins, stratégies d’évitement ou encore histoire de la division des classes. Dans ce nouvel ouvrage, la blogueuse de 37 ans élargit le spectre des oppressions. Et ce n’est pas tout. Elle revient aussi sur une notion très largement méconnue, celle du “sexisme bienveillant”.

“Cela revient à traiter les femmes comme des petites choses à protéger”, explique cette dernière au HuffPost. On va ainsi valoriser certaines qualités dites féminines, comme la communication ou l’écoute, tout en leur refusant un gain d’autonomie. Une pratique qui s’inscrit aussi bien dans la sphère professionnelle que personnelle, précise la connaisseuse.

La galanterie peut en être une expression. Mais pas que. “On est vraiment très contents de t’avoir. Tu es sympathique, souriante. Ta présence égaye l’étage”, a par exemple confié un employeur à Emma au moment de son entretien individuel annuel. Mais rien, vraiment rien, sur son boulot au quotidien.

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Sexisme et violence

Source: hhttps://www.bienetrealecole.ca/modules-de-formation/equite-et-education-inclusive/comprendre-le-sexisme-le-racisme-et-lhomophobie/sexisme-et-violence

Un grand nombre de personnes croient que le sexisme a été éradiqué et que les femmes ont droit à la pleine égalité. Les filles et les jeunes femmes de classe moyenne ont beaucoup plus de débouchés et d’options qu’il y a 40 ans. Elles réussissent dans une multitude de professions. Un grand nombre d’entre elles ne s’identifient pas comme étant féministes. Selon elles, il n’est plus nécessaire de se battre pour atteindre l’égalité de nos jours.

En examinant la situation de plus près, on se rend compte que cette affirmation est fausse. Lorsqu’on expose les problèmes sociaux touchant les femmes au Canada, il est évident que les inégalités sociales sont toujours présentes. La fréquence des agressions sexuelles et de toutes les formes de violence contre les filles et les femmes est un autre indicateur clé et une conséquence dévastatrice de l’inégalité. (Voir le rapport intitulé « Inégalité des femmes au Canada » publié par L’alliance canadienne féministe pour l’action internationale.)

Le sexisme n’a pas disparu, il prend plutôt de nouvelles formes. Les manifestations contemporaines du sexisme sont toujours liées à l’inégalité des femmes.

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Pourquoi il faut arrêter de dire aux femmes qu’il est dangereux de voyager seule

Source: https://blog.courrierinternational.com/ma-vie-a-teheran/2020/01/24/pourquoi-il-faut-arreter-de-dire-aux-femmes-quil-est-dangereux-de-voyager-seule / auteure: Lucie Azema / 24 janvier 2020

Non seulement c’est sexiste, mais en plus c’est faux.

Les femmes ont longtemps été écartées des voyages au long cours et des « grandes explorations ». Certaines ont réussi à s’y glisser, comme Jeanne Barret, mais à la seule condition de se faire passer pour des hommes. Ces derniers se sont longtemps gardé les possibilités d’exploits et se sont ménagé des espaces non mixtes où les femmes étaient réduites à des objets de superstitions et de craintes (notamment dans le milieu maritime) – voire à des objets tout court.

Progressivement, les femmes se sont mises à voyager autant que les hommes, de plus en plus loin et de plus en plus seules. Leur éviction du voyage a disparu sur le plan légal, mais persiste sous couvert de « bienveillance » : voyager seule pour une femme serait une chose beaucoup plus dangereuse que pour un homme.

L’aventure, une affaire d’hommes

Aux hommes les grands espaces, les échappées belles et les plaisirs de la solitude consentie. Pourtant, les risques du voyage existent pour eux aussi. Mais dans leur cas, c’est romantique, ça relève du dépassement de soi, c’est l’aventure avec un grand A.

La femme, quant à elle, c’est celle qui reste. A l’image de Pénélope qui attend fidèlement Ulysse pendant que celui-ci enchaîne les aventures et les exploits. L’héroïsme de Pénélope réside dans son attente, sa patience, son immobilité. Le voyage est censé être dangereux pour les femmes, on leur répète qu’elles vont à l’avant de grands dangers. En revanche, il est leur est recommandé de s’anéantir dans l’amour et dans l’attente de celui-ci.

La grande force de ce modèle est de faire apparaître les contre-histoires (on aurait même envie d’écrire les contre-destins) comme exceptionnels. Alors oui, en un sens, ils le sont : pour une femme, jouir pleinement de sa liberté de mouvement – et de sa liberté en général – requiert un élan supplémentaire. Le coût social, psychologique et relationnel est bien plus grand que pour un homme.  Mais cette vision appliquée à un argumentaire sexiste et misogyne revient à affirmer qu’une femme qui voyage seule prend des risques inconsidérés, que dans le meilleur des as elle est inconsciente – sinon qu’elle est immorale.

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Exemple de sexisme bienveillant

« Nous sommes samedi matin. Je viens de démarrer ma voiture pour la faire réchauffer avec le froid nordique qui couvre le Centre-du-Québec. Surprise au retour dans ma voiture, le pare-brise est fissuré.

Un homme m’écris via un réseau social très populaire pour avoir des nouvelles. Je ne le connais pas vraiment (voir pas du tout). Je lui raconte ma mésaventure et la discussion devient vraiment « weird ».

Lors de la discussion, l’homme me nomme « ma chérie », « ma belle » alors que je ne le connais pas du tout. (sexisme bienveillant)

Il me demande mes papiers d’assurances pour vérifier ma franchise pour mon pare-brise et le nom de mon contact. Je refuse relativement poliment. (Sexisme bienveillant)

Puis après mon refus, il ajoute que je suis « bête ». Je ne comprends toujours pas comment je peux réussir mon compte, alors que ce sont des textos. Je me fais répondre qu’il lit les émotions. (mansplanning / sexisme bienveillant)

Résultat, je me suis fâchée, je l’ai bloqué et j’ai écrit cette publication.

Je peux comprendre que la personne avait la magnifique intention de m’aider. Cependant, je ne t’appartiens pas, je ne te connais pas et la confiance, à mon avis, ça se mérite.

Je me suis sentie comme une enfant de 2 ans, immature et incapable de gérer mes responsabilités. Je me suis sentie comme une incompétente, « poche » et oui, profondément offensée.

Cependant, je me suis fâchée. Ce genre d’irrespect, à mon avis, c’est tout simplement non ! C’est tout simplement inacceptable. Je l’ai nommé et je le dénonce. Je ne suis pas inférieure, je ne le serai jamais !

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Entrevue – Radio-Canada

Le 8 janvier 2020, l’agente de projet de la TCMFCQ, Maryse St-Arneault, était en entrevue à l’émission Facteur matinal de Radio-Canada pour parler du projet Sexisme, pas ici !

Pour réentendre l’entrevue, cliquer sur le lien ci-dessous:

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/facteur-matinal/episodes/452051/rattrapage-du-mercredi-8-janvier-2020/6?fbclid=IwAR0qmuDQfFl1LPhafp2ZbqfjB17ZYAxi1PPt71YgD3o13UnetxhUDT-PkJ4

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Un genre d'énigme

Source: @MarcCassivi – LaPresse – http://plus.lapresse.ca/screens/1c8d0d38-3983-4632-82ef-c52faf93f8e3__7C___0.html / 19 mars 2017

Chronique de Marc Cassivi, La Presse. 19 mars 2017.

Commençons par une énigme.

Un homme et son fils ont un grave accident de la route. Le père meurt sur-le-champ. Son fils, grièvement blessé, est envoyé d’urgence à l’hôpital le plus proche. Arrivé sur place, il est accueilli par un médecin qui, secoué, dit aux ambulanciers : « Je ne peux pas opérer ce garçon. C’est mon fils. »

Qui est ce médecin ?

Commençons par une énigme. Un homme et son fils ont un grave accident de la route. Le père meurt sur-le-champ. Son fils, grièvement blessé, est envoyé d’urgence à l’hôpital le plus proche. Arrivé sur place, il est accueilli par un médecin qui, secoué, dit aux ambulanciers : « Je ne peux pas opérer ce garçon. C’est mon fils. »

Qui est ce médecin ? Réfléchissez-y un instant, puis revenez (donc) lire le reste de cette chronique…

Comme je suis un homme et que je surestime sans doute mon intelligence (on y reviendra), lorsqu’on m’a posé récemment cette énigme sur les préjugés inconscients – vieille d’au moins une trentaine d’années –, j’ai cru que j’avais élucidé le mystère. « C’est un couple gai ! Le chirurgien est homosexuel. Vous ne m’aurez pas ! »

Et comme la plupart des gens, tous sexes confondus, j’avais tort.

Si vous avez hésité avant de répondre, ou que vous n’avez pas trouvé la réponse, c’est que vous avez, tout comme moi et la vaste majorité des répondants, intégré le stéréotype selon lequel un chirurgien est forcément un homme. Comme moi, qui me prétends féministe, vous n’avez pas pensé spontanément que le médecin qui a accueilli le garçon blessé était en fait sa mère.

Les stéréotypes et les préjugés inconscients régissent nos interactions, bien davantage que l’on ne le présuppose. Ils façonnent insidieusement notre manière de réfléchir, d’anticiper et d’appréhender le monde dans lequel nous vivons. Un monde où, malgré les avancées du féminisme, l’on présume généralement que c’est un homme qui est en position d’autorité (ce qui n’est pas faux).

Ce n’est pas par mauvaise volonté. Notre cerveau est conditionné depuis notre naissance à analyser spontanément des situations selon un certain nombre d’a priori ayant trait au genre, à l’âge, au groupe ethnique, à la religion, à l’orientation sexuelle, etc.

Il est aussi influencé par la manière dont on lui présente les choses : les mots qui sont par exemple utilisés pour raconter une histoire (il y a volontairement une majorité de termes masculins dans l’énigme du début de cette chronique).

Dans un fascinant dossier publié dans nos pages, mes collègues Marie-Claude Malboeuf et Mathieu Perreault s’intéressent à ce qui modèle différemment les comportements des filles et des garçons dès le plus jeune âge. Des chercheurs américains ont révélé en janvier dans la revue Science qu’entre l’âge de 5 et 6 ans, la perception que les fillettes ont d’elles-mêmes change de manière radicale : alors qu’elles se considèrent comme aussi brillantes que les garçons à 5 ans, ce n’est plus le cas à peine un an plus tard.

Selon ce qu’ont révélé les chercheurs à mes collègues, quelque 65 % des filles et des garçons de 5 ans interrogés dans le cadre d’une étude sur un jeu destiné aux enfants « vraiment, vraiment intelligents » considéraient que le personnage surdoué mis en scène était du même sexe qu’eux. Mais dès l’âge de 6 ans, les filles avaient à 60 % tendance à associer le fait d’être brillant à un personnage masculin (contre 64 % pour les garçons).

Comment expliquer ce soudain revirement de perception ? Il serait lié à l’âge de la raison, cette période d’apprentissage où l’enfant prend conscience du monde qui l’entoure, de l’image qu’il projette et de la manière dont il est perçu par les autres.

Le moment de la perte de l’innocence coïncide, selon cette nouvelle étude américaine, avec celui où plusieurs jeunes filles perdent soudainement confiance en leurs moyens et s’estiment « moins intelligentes » que les garçons. Même lorsqu’elles obtiennent de meilleurs résultats scolaires !

Ce phénomène est sans doute lié aux préjugés tenaces qu’entretiennent autant les hommes que les femmes sur la réussite : les filles réussissent parce qu’elles travaillent fort et sont disciplinées ; les garçons réussissent parce qu’ils ont des aptitudes supérieures et un talent naturel.

Pour leur faire un compliment, on dit aux filles qu’elles sont belles, alors qu’on dit aux garçons qu’ils sont doués. C’est un réflexe intégré qui perdure même à l’âge adulte. Vous irez voir les commentaires sous les photos de vos amies sur Facebook pour vous en convaincre (« T’es tellement belle ! ! ! » et autres variations sur le même thème).

Ce conditionnement culturel a de nombreux effets pervers. Il contribue notamment à ce que les filles se privent, dès un très jeune âge, d’expériences formatrices qui pourraient forger favorablement leur estime d’elles-mêmes (et leur servir dans leur vie professionnelle). Il explique aussi en partie, selon les chercheurs, pourquoi si peu de femmes se destinent à des carrières scientifiques, en particulier en physique ou en mathématiques.

Cette tendance à sous-estimer le potentiel des filles n’est pas propre aux États-Unis ou à l’Amérique du Nord, selon ce que révèlent les spécialistes consultés par mes collègues.

Les deux tiers des Européens interrogés à ce sujet il y a deux ans ont déclaré que les femmes n’avaient pas les capacités suffisantes pour devenir des « scientifiques de haut niveau ».

C’est un constat choquant, mais un peu partout dans le monde, les parents trouvent leurs fils plus intelligents que leurs filles. Et inversement, filles comme garçons estiment leur père plus intelligent que leur mère. Bref, les garçons profitent d’un préjugé très favorable eu égard à leurs capacités cognitives, contrairement aux filles.

Les hommes eux-mêmes (j’y faisais référence en début de chronique) se croient plus intelligents qu’ils ne le sont réellement, ce qui n’est pas le cas des femmes. Alors que dans les faits, selon une majorité de spécialistes, il n’y a pas d’écart significatif en matière de mesure de l’intelligence des hommes et des femmes.

Le cercle des préjugés est particulièrement vicieux et nourrit sans relâche le sexisme. Devant des garçons qui surestiment leurs capacités et sous-estiment celles des filles, celles-ci, pourtant plus lucides vis-à-vis de leurs propres compétences, se trouvent désavantagées très tôt en société.

C’est démontré scientifiquement : bomber le torse procure un avantage net à l’homme, alors que la modestie de la femme lui nuit. L’homme benêt qui se targue de ses exploits réussit mieux que la femme supérieurement intelligente jouant la carte de l’humilité. On dira que la plus récente élection présidentielle américaine en est la preuve irréfutable…

— Marc Cassivi, la Presse —–

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SansStéréotypes: Les choix scolaires et professionnels (SCF)

Info-lettre du Secrétariat à la condition féminine du Québec.

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Les choix scolaires et professionnels

Les garçons et les filles peuvent mettre à profit leur plein potentiel dans une multitude de domaines professionnels. Cela dit, les choix de carrières des jeunes sont encore très influencés par les modèles qui leur sont présentés.   Une ingénieure mécanique, un infirmier, pourquoi pas? Proposer des modèles diversifiés de femmes et d’hommes qui travaillent dans différents domaines offre aux enfants la possibilité d’envisager des options aussi nombreuses que variées et d’exprimer leur personnalité en s’affranchissant des stéréotypes associés à leur sexe. Pour en savoir plus…

LE SAVIEZ-VOUS ?

En 2018, les femmes gagnaient en moyenne 89 cents pour chaque dollar gagné par les hommes (Statistique Canada, 2019). Cet écart de salaire s’explique en partie par le fait que les emplois majoritairement féminins continuent d’offrir une rémunération inférieure à celle des emplois à prédominance masculine.

Une majorité de femmes se retrouve dans un nombre plus restreint de professions par rapport aux hommes. En 2017, près de 70% des filles inscrites à la formation professionnelle au secondaire (DEP) se concentraient dans deux domaines d’études, alors que les garçons se répartissaient dans une plus grande variété de domaines (CSF, Portrait des Québécoises, édition 2018).  

Les différences d’intérêts entre filles et garçons, et entre femmes et hommes, n’ont rien de biologique. Elles ne sont donc pas liées au sexe, mais à une éducation différente selon qu’il s’agit d’une fille ou d’un garçon.

Votre intervention peut changer les choses :

  1. Diversifiez les activités pour que les enfants cultivent toutes les compétences nécessaires à leur réussite scolaire.
  2. Amenez les enfants à acquérir une ouverture d’esprit par rapport aux choix des autres.
  3. Démontrez que le sexe d’une personne ne la restreint pas dans ses choix.
  4.  Démontrez aux enfants qu’il existe des modèles variés de travailleuses et de travailleurs (par exemple, une camionneuse et un infirmier).
  5. Invitez les jeunes à explorer différentes avenues qui reflètent leurs propres intérêts et compétences en matière de choix scolaires et professionnels.

Vous êtes parents?

Avec quelques changements simples dans vos interventions, vous pouvez favoriser l’épanouissement des filles et des garçons qui vous entourent.

Pour d’autres idées d’intervention, consultez la rubrique Que pouvons-nous faire?

Vous travaillez dans un service de garde éducatif à l’enfance?

Téléchargez ou procurez-vous le livre Tu peux d’Élise Gravel et faites-en la lecture avec les jeunes afin de les sensibiliser aux différentes manières d’exprimer leur personnalité, qu’ils soient filles ou garçons.

Vous travaillez en milieu scolaire?

Visionnez la capsule vidéo « Défi construction », de la Commission de la construction du Québec, qui met en lumière de façon ludique les avantages d’avoir une mixité dans les différents domaines de professions.

Explorez aussi notre boîte à outils Les choix scolaires et professionnels pour voir toute la variété des outils disponibles.

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Le Québec est une femme capricieuse

Leduc,Louise (2008, 27 octobre). « Le Québec est une femme capricieuse ». Le Nouvelliste (Trois-Rivières).

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Leduc,Louise (2008, 27 octobre). « Le Québec est une femme capricieuse ». Le Nouvelliste (Trois-Rivières).

Au sortir d’une campagne électorale où le Bloc a réussi à bien s’accrocher, les Québécois n’ont pas très bonne presse au Canada, les chroniqueurs politiques nous attribuant la responsabilité de cet autre gouvernement minoritaire. Pour une psychanalyse politique « coast to coasts », étendez-vous, c’est par ici.

Les Québécois ont un « problème d’engagement ». Ce sont des profiteurs. Ils prennent le Canada pour un « guichet automatique » Ils ont un « blocage mental ». Ils sont omnibulés par leur « dogme collectiviste ». Et le drapeau du Québec, le temps d’un éditorial dans le National Post, devient « le drapeau de Maurice Duplessis ».

Depuis les dernières élections fédérales, le Québec essuie un tir particulièrement nourri de critiques, particulièrement du Globe and Mail et du National Post.

Le 18 octobre, Margaret Wente, chroniqueur au Globe and Mail faisait une Louise Deschatelets d’elle-même et écrivait toute sa chronique sous la forme d’un courrier du cœur. L’amoureux éconduit écrit avoir couvert d’argent sa belle, lui avoir donné un siège à l’UNESCO, l’avoir accompagné à l’opéra, au théâtre « et à tous ces galas de riches que je déteste ». En vain. Reviré de bord le gars. La courriériste lui demande alors si sa flamme n’aurait pas des difficultés à s’engager. « Peut-être ne fait-elle que vous utiliser. Avez-vous tous les deux songé à vous séparer ? »

Deux jours plus tard, dans le même journal, Jeffrey Simpson concluait sa chronique intitulée « Quebeckers’ mental Bloc » en demandant pourquoi Ottawa, après six victoires bloquistes, « devrait continuer à jouer un jeu qui lui est perdu d’avance ».

En entrevue, Jeffrey Simpson se défend bien d’avoir fait par là un appel à la séparation, mais ne cache pas qu’il est « frustré », frustré que Wilfrid Laurier à Gilles Duceppe, en passant par Pierre Elliott Trudeau, les Québécois, quand ils en ont la possibilité, vote toujours pour un Québécois. Or, Stephen Harper ne l’est pas et tout indique que les libéraux iront au front la prochaine fois avec un non — Québécois (Bob Rae, Michael Ignatieff ou Frank McKenna). Bref, pour encore un bout de temps, ça risque d’être bloc ou rien, analyse-t-il.

Racistes, alors les Québécois, à votre avis ? « Vous utilisez le mot raciste, pas moi. Moi je dis tout simplement que l’Histoire nous démontre que chaque fois que les Québécois ont eu le choix entre un parti dirigé par un Québécois et un non-Québécois, ils ont toujours opté pour le Québécois ».

Reproduite sur Internet, la chronique de Simpson a suscité une conversation nationale. Une vraie.

Plus de 4500 commentaires

Là-dessus, beaucoup, beaucoup de Québécois, des Canadiens anglais et même un gars de New Delhi (un Canadien exilé là-bas ?) qui y va de trois suggestions. Le Québécois, écrit-il, c’est a) un Tanguy qui vit aux crochets de ses parents et mange les tartes de maman sans rien donner en retour, b) le frère aîné de l’enfant prodigue qui menace de partir à son tour s’il ne reçoit pas plus, c) l’épouse infidèle qui reste avec son mari pourvoyeur tout en refusant de partager son lit ou ses responsabilités familiales.

L’image de la femme difficile pour décrire le Québec est récurrente. Pourquoi le Québec est-il une femme ? demande-t-on à Briane Gable, caricaturiste au Globe and Mail. « Bonne question ! lance-t-il en rigolant. C’est vrai qu’ici, quand on pense au Québec, on pense à sa culture, à sa sensibilité, des caractéristiques qu’on associe spontanément aux femmes. Et j’ai bien l’impression que quand les Québécois ferment les yeux et pensent au Torontois typique, ils pensent à un homme d’affaires, pas très sensuel et un peu ennuyeux ».

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Première édition – Alerte

Les fêtes arrivent à grands pas. Des festivités remplies de joie et… de blagues communément appelées « jokes » de « mononcle ».

«Qu’est-ce qu’une femme qui a perdu son intelligence?
Une veuve»

On hésite entre le roulement « d’zyeux », le soupir d’exaspération ou le rire jaune. Et pourtant, ces genres de remarques s’accumuleront les unes après les autres, le tout en alourdissant l’atmosphère d’un malaise grandissant.

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Mis en avant

Une brigade pour contrer le sexisme

Dans l’ordre, Marie-Pierre Lupien de la Collective des femmes de Nicolet, Maryse St-Arneault, agente de projet à la TCMFCQ, Mélanie Bergeron du Comité régional de développement social, Francyne Ducharme, directrice de la TCMFCQ et Ève Champagne de la MRC d’Arthabaska (Photo : http://www.lanouvelle.net)

La Table de concertation du mouvement  des femmes Centre-du-Québec (TCMFCQ) lance, avec ses partenaires, une campagne pour contrer le sexisme dans la région. Un projet qui prend la forme d’une nouvelle brigade d’intervention, la brigade SPI (Sexisme, pas ici).

Une campagne, avec un côté ludique, qui s’inspire des brigades américaines CSI. «C’est un projet pour contrer le sexisme au Centre-du-Québec pour qu’elle devienne une région où il n’y aurait pas de manifestations de sexisme», a indiqué Francyne Ducharme, directrice de la TCMFCQ,

Il s’agit d’un projet échelonné sur deux ans pour lequel le Secrétariat à la condition féminine du Québec a contribué à la hauteur de 100 000 $.

«Le projet, on l’a construit dans l’idée d’une mobilisation des partenaires et de la région contre le sexisme. C’est un mouvement de sensibilisation pour amener les gens à se demander s’il existe des comportements sexistes dans leur organisation et ce qu’ils peuvent faire pour les éliminer. Dans deux ans, on verra si c’était une utopie, si on est en route vers, ou si on devra réaliser un autre projet pour pouvoir contrer le phénomène», a précisé Mme Ducharme.

La campagne vise à sensibiliser sur ce qu’est le sexisme, sur ses différentes formes, à proposer des actions pour le contrer et à encourager les bonnes actions dans la région. «L’objectif est de mobiliser la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes», a confié l’agente de projet à la TCMFCQ, Maryse St-Arneault.

Maryse St-Arneault et Francyne Ducharme ont présenté le projet, mercredi, en conférence de presse au Musée Laurier. (Photo http://www.lanouvelle.net)

Le sexisme, a-t-on constaté, fait partie du quotidien. «Mais on ne s’en rend pas compte. On ne le réalise pas, et on ne réalise pas les conséquences néfastes sur les gens qui le subissent», a souligné Mme St-Arneault.

Ainsi, cette campagne de deux ans vise à sensibiliser les Centricois et Centricoises âgés de 18 ans et plus sur les différentes formes de sexisme, sur les conséquences que cela peut amener. «Et un point important, nous voulons encourager les gens à poser des actions positives, les encourager aussi à continuer dans leurs actions non sexistes», a-t-elle signalé.

À la manière d’une brigade policière CSI, les intervenants invitent les citoyens à s’engager à lutter contre le sexisme.

Et pour faire partie de la brigade SPI, différentes activités seront proposées au cours des deux prochaines années. En s’engageant, les citoyens recevront un macaron permettant de les identifier.

Parmi les activités à venir, figurent des ateliers de formation qui pourront prendre l’allure de l’analyse d’une scène de crime en lien avec le thème, des ateliers interactifs pour amener les participants à reconnaître ce qu’est le sexisme.

On élaborera aussi une charte antisexiste. On invitera les gens à la signer, à s’engager à des actions concrètes pour lutter contre le sexisme.

Durant la deuxième année, une exposition s’annonce. «Une exposition mobile d’œuvres dénonçant le sexisme, des œuvres qui  seront exposées dans les différentes MRC du Centre-du-Québec. Donc, l’exposition va se promener», a fait savoir Maryse St-Arneault.

Une manière, donc, de s’engager pour les artistes ou tout citoyen qui créera une œuvre.

À la fin de la deuxième année, on a prévu une journée de réflexion sur le sujet, de même qu’une soirée hommage. «On invitera les gens, les entreprises et organismes à s’inscrire, à dire ce qu’ils ont fait pour contrer le sexisme. Nous récompenserons ceux s’étant démarqués pour les féliciter de contribuer à un milieu égalitaire au Centre-du-Québec», a indiqué la chargée de projet.

Des capsules animées, une infolettre dénonçant les diverses formes de sexisme et des jeux-questionnaires sur les réseaux sociaux font partie aussi des actions mises de l’avant.

La TCMFCQ n’a éprouvé aucune difficulté à rallier différents partenaires autour de son projet. «Ça allait de soi. Cela fait partie de notre mission», a fait savoir Marie-Pierre Lupien de la Collective des femmes de Nicolet.

«Ce projet constitue un bel outil de sensibilisation pour aller plus loin, pour travailler à ce que les hommes et les femmes puissent vivre de façon égalitaire dans toutes les sphères de la vie», a confié Mélanie Bergeron du Comité régional de développement social.

Pour Ève Champagne de la MRC d’Arthabaska, «l’information et la sensibilisation représentent la meilleure façon de faire évoluer les mentalités et de mettre à la poubelle les façons de penser sexistes».

La Corporation de développement communautaire de L’Érable, le Pôle d’économie sociale Centre-du-Québec, la Table régionale de concertation des personnes aînées du Centre-du-Québec, Dentelle et crinoline et le Réseau des répondantes diocésaines à la condition des femmes du diocèse de Nicolet font partie aussi des partenaires.

Source: https://www.lanouvelle.net/2019/11/06/une-brigade-pour-contrer-le-sexisme/ / Claude Thibodeau, La nouvelle/L’union

Le mansplaning en 60 secondes

Plusieurs formes de sexisme existent. Notons, entre autre, le mansplaning ! Quand un homme connaît mieux les sujets uniquement vécus par les femmes. Exemple: la grosses et les règles.

Initiative du Conseil du statut de la femme Canada / Gazette des femmes
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