Le sexisme sous diverses formes: un webinaire aborde le sujet

Maryse St-Arneault, agente de projet et des communications à la TCMFCQ (Photo : http://www.lanouvelle.net)

****L’article a été rédigé par Monsieur Claude Thibodeau, journaliste à La Nouvelle.net et paru le 4 juin. ***

La Table de concertation du mouvement des femmes du Centre-du-Québec (TCMFCQ) a réuni trois femmes réputées qui, chacune, traitera du sexisme sous un angle particulier à l’occasion d’un webinaire qui sera tenu le mardi 8 juin à 19 h.

En temps normal, l’activité aurait pris la forme d’une journée de réflexion. Mais la pandémie oblige la TCMFCQ à s’adapter et à retenir la formule du webinaire.

L’événement, d’ailleurs, vient clore le projet Sexisme, pas ici, lancé il y a deux ans.

La fin du sexisme, j’y crois, voilà le thème retenu pour ce webinaire qui mettra à l’avant-plan trois spécialistes du domaine : la sociologue Francine Descarries, professeure au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et codirectrice scientifique au Réseau québécois en études féministes (RéQF), Rachel Chagnon, professeur au département des sciences juridiques à l’UQAM et directrice de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), et l’enseignante Rania Aoun, chercheure à l’UQAM et à l’UQO (Université du Québec en Outaouais), chercheure associée à la Chaire UNESCO et membres de diverses organisations, dont l’IREF et du RéQF.

«Nous avons invité trois spécialistes dans le domaine. Elles ont toutes une spécialité différente, ce qui rend le tout très intéressant. Chacune propose une vision différente par rapport au sexisme dans des domaines différents», expose Maryse St-Arneault, agente de projet et des communications à la TCMFCQ.

Ainsi, Francine Descarries flirte davantage avec l’aspect social, Rachel Chagnon avec les notions juridiques, le droit, tandis que Rania Aoun traite notamment ce qui touche aux technologies, au marketing et à l’intelligence artificielle.

Le webinaire fonctionnera à la manière d’une table ronde qu’animera Mia Guillemette, agente de développement à la Table de concertation du mouvement des femmes du Centre-du-Québec. «Nous poserons des questions, puis on laissera nos invitées s’exprimer sur le sujet. Les participants inscrits seront également invités à poser leurs questions», souligne Mme St-Arneault.

Pour y participer, les intéressés doivent s’inscrire au ici: https://bit.ly/3f59tnB pour obtenir le lien Zoom. Tout est gratuit. Il n’y a aucune limite de participants.

Le sexisme tel un virus!

La question a été posée : on en est où, aujourd’hui, avec le sexisme? Maryse St-Arneault utilise l’image du virus pour illustrer la situation. «Nous sommes habitués à la forme hostile du sexisme, comme les «jokes de mononcle» ou encore, par exemple, ne pas engager une femme comme pompière parce qu’elle n’est pas assez forte. Mais le problème, c’est un peu comme un virus. Le sexisme évolue avec le temps, il s’adapte et prend d’autres formes», a-t-elle exprimé.

Une nouvelle réalité du sexisme, a-t-elle noté, c’est la négation de l’inégalité entre les hommes et les femmes.

La forme du sexisme bienveillant existe aussi, un sexisme plus subtil qui passe plus inaperçu. «On a souvent l’impression que c’est pour nous protéger, que c’est fait gentiment, alors que ce ne l’est pas du tout. Par exemple, quelqu’un qui dit à la femme : laisse faire, ne force pas, je vais t’aider, tu n’es pas assez forte», exemplifie Maryse St-Arneault.

Si cela peut sembler une forme de protection, selon elle, en revanche, cette attitude vient diminuer les capacités de la femme qui, pourtant, serait peut-être bien capable de le faire. «C’est toujours de garder l’autre dans une position d’infériorité», fait-elle valoir.

Il faut également savoir que le sexisme peut sévir, non seulement, entre un homme vis-à-vis une femme, mais aussi entre deux femmes. «Les hommes aussi peuvent en être victimes. Quand on dit, par exemple, un homme, ça ne pleure pas», mentionne Maryse St-Arneault.

Si un bon nombre de personnes peuvent avoir une idée bien ancrée du sexisme, le webinaire permettra d’explorer de plus larges horizons. «On va sortir des sentiers battus et aller plus loin», souligne-t-elle.

En milieu de travail, le phénomène peut affecter les entreprises. «En contexte de pénurie de main-d’œuvre, fait remarquer la représentante de la TCMFCQ, l’employeur n’a pas intérêt à perdre un membre de son personnel. Pourtant, le sexisme peut mener à la dépression et à un arrêt de travail. Pour une entreprise, ce n’est pas à son avantage. Le sexisme n’est pas rentable.»

Une question se pose également : comment réagir vis-à-vis un commentaire ou une attitude sexiste? Comme y répondre? Que fait-on dans ces situations? Des réponses pourraient surgir, mardi, lors du webinaire.

Francine Descarries, professeure au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et codirectrice scientifique au Réseau québécois en études féministes (Photo gracieuseté)
Rachel Chagnon, professeur au département des sciences juridiques à l’UQAM et directrice de l’Institut de recherches et d’études féministes (Photo gracieuseté)
Rania Aoun, chercheure à l’UQAM et à l’Université du Québec en Outaouais, chercheure associée à la Chaire UNESCO et membres de diverses organisations, dont l’IREF et du RéQF (Photo gracieuseté)

Publié par Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec (TCMFCQ)

La TCMFCQ est un regroupement féministe voué à la défense collective des droits. Reconnue comme l'instance régionale en matière de condition féminine, elle agit dans plusieurs domaines qui touchent aux conditions de vie des femmes. Les valeurs défendues par la TCMFCQ sont l'égalité, l'équité, la solidarité et la justice sociale. NOTRE MISSION La Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec (TCMFCQ) a pour mission première de travailler à l'amélioration des conditions de vie des femmes en étant un lieu de réflexion et d'action tourné vers le changement. HISTORIQUE La Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec est née officiellement en mai 1998, de la volonté commune des groupes de femmes du Centre-du-Québec. Les groupes ont alors réaffirmé l'importance d'un tel regroupement pour défendre les droits et intérêts des Centricoises. En octobre 1998, la TCMFCQ débutait officiellement ses activités.

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