Sexisme en politique: tout cela était censé changer !

Source: https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-12-16/sexisme-en-politique/tout-cela-etait-cense-changer.php

Un article de monsieur Paul Journet est paru dans le journal La Presse, ce 16 décembre au matin. L’histoire est malheureusement vraie, mais les noms ne sont pas cités. L’événement s’est déroulé récemment. L’auteur précise que l’anecdote n’implique pas le député Harold Lebel ou sa victime alléguée et que l’anonymat de la plaignante doit être respecté.

Une députée marche dans un corridor de l’Assemblée nationale. Elle croise un autre élu.

« Ils sont beaux, ton chandail ! »

Elle le traite d’imbécile. Il trouve cela drôle.

L’auteur veut surtout parler de manière générale de tous les autres cas. Ceux-ci qui impliquent à la fois des députés et des employés politiques. Une culture machiste qui est présente dans le milieu politique. Parce que le sexisme y est présent par « différentes manifestations qui vont de la maladresse au crime. »

De plus, il compare l’Assemblée nationale à un aquarium: un monde fermé sur lui-même. Le train de vie est différent et la plupart des personnes sont loin de chez eux. Les journées sont longues. « Il n’est pas rare de sortir du parlement un mardi ou un mercredi soir à 21 h, encore sur l’adrénaline, avec un besoin de décompresser. La Grande Allée est proche, avec ses nombreux bars » ajoute-t-il.

Il précise que certains partis ont leur propre bar (le salon des députés) géré par le whip. On prend un verre lors de rencontre de travail intense ou de caucus. Un monde d’ambition et d’ego qui complique les relations.

Plusieurs histoires sont racontées, mais d’une autre époque.

Celle d’un ministre qui appelait, insistant, à la chambre d’hôtel d’une journaliste. Ou celles des caucus, où on se surprenait le matin à voir quel élu sortait d’une autre chambre que la sienne.

Paul Journet – La Presse

Selon lui, cette manière de faire démontre une culture malade et elle prend trop de temps à guérir. Il semble avoir entendu toutes sortes de « bêtises » dans le milieu.

J’ai entendu un ministre qui exigeait que son attachée de presse porte des talons hauts. J’ai vu un ministre inviter, en pleine mêlée de presse, une jeune reporter à « prendre un p’tit verre ». J’ai aussi vu une personne élargir les doigts à une dizaine de mètres d’une ministre qui passait dans le corridor, pour mesurer la largeur de ses fesses.

« Tout cela était censé changer! »

L’Assemblée nationale a adopté une politique contre le harcèlement, suivie d’une campagne de sensibilisation avec des affiches placardées partout au parlement. Les dénonciations ont suivi aussi !

En 2016, une femme — qui ne travaillait pas en politique — s’est plainte d’avoir été agressée par le député libéral Gerry Sklavounos. La police n’a pas déposé d’accusation. Dans les mois qui ont suivi, d’autres femmes se sont manifestées. Y compris une jeune militante qui raconte avoir été embrassée contre son gré par le député. Elle avait alors 15 ans.

Et quand cela arrive, on demande aux autres femmes des cabinets politiques pour vérifier si elles savaient. « Bien sûr qu’elles s’en doutaient. Elles en parlaient depuis longtemps entre elles, pour se protéger. Pour savoir avec qui ne pas se retrouver seules ».

Mais ça ne s’arrête pas là. Les exemples sont trop nombreux.

« Le ministre Pierre Paradis était visé par une plainte d’agression sexuelle par une employée politique – il n’a pas été accusé! »

« Le député libéral Yves St-Denis était éjecté du caucus après avoir envoyé une photo pornographique non sollicitée à une collègue. Par la suite, il a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une conseillère municipale des laurentides. »

 » Une politicienne belge a dit avoir subi des attouchements de l’ex-président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon, lors d’une mission à Québec en 2011. Ce dernier nie. »

Selon l’auteur, on pourrait croire que les victimes parlent plus et ont moins peur. Que ce genre de chose n’est plus toléré.  » Mais on peut aussi y voir la preuve que les mœurs tardent à s’assainir… »

Depuis peu, les partis ont confiés qu’ils géraient autrement le salon des députés. On surveille la consommation d’alcool. Ça aide au travail, surtout en soirée.

« Pour ma part, les bars m’ont aidé dans mon boulot. Après deux ou trois verres, on apprend à mieux connaître un employé politique. Les langues se délient. Mais pour une femme, c’est différent.

On lui demandera si elle veut séduire pour obtenir un scoop. Je le sais parce que c’est arrivé. Cela a causé des ennuis à la personne. Elle s’est sentie humiliée. Elle a coupé les ponts avec sa source.»

La semaine dernière, la députée Émilise Lessard-Therrien a posé une question en chambre au ministre des Forêts, Pierre Dufour. Du haut de sa condescendance, il lui a répondu : « Y’a pas de trouble avec ça, jeune dame. » Un bel exemple de sexisme ordinaire !

Ce qui est triste, c’est de s’imaginer que lorsque les caméras sont fermées et que les portes sont closes, c’est pire !

Pour lire l’article dans son intégralité, c’est par ici !

Publié par Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec (TCMFCQ)

La TCMFCQ est un regroupement féministe voué à la défense collective des droits. Reconnue comme l'instance régionale en matière de condition féminine, elle agit dans plusieurs domaines qui touchent aux conditions de vie des femmes. Les valeurs défendues par la TCMFCQ sont l'égalité, l'équité, la solidarité et la justice sociale. NOTRE MISSION La Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec (TCMFCQ) a pour mission première de travailler à l'amélioration des conditions de vie des femmes en étant un lieu de réflexion et d'action tourné vers le changement. HISTORIQUE La Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec est née officiellement en mai 1998, de la volonté commune des groupes de femmes du Centre-du-Québec. Les groupes ont alors réaffirmé l'importance d'un tel regroupement pour défendre les droits et intérêts des Centricoises. En octobre 1998, la TCMFCQ débutait officiellement ses activités.

Un avis sur « Sexisme en politique: tout cela était censé changer ! »

  1. Je n’avais pas vu, avant aujourd’hui, la chronique de Journet (semaine passée). C’est en venant ici que j’ai appris.

    Il y est question de possible changement d’air à l’ANQ, avec l’arrivée de la dernière cohorte de député.e.s, il y a deux ans. « On verra » bien, comme disait l’autre. En attendant…

    Bien, en attendant, on entend et voit toutes sortes de choses décevantes relativement au sexuel ou sexué, ou encore, ou plus encore, ayant trait aux agressions à caractère sexuel ou sexué. Celle ayant censément — (ou « alléguement ») — eu cours de la part du plus haut dg de police à l’endroit de la plus haute autorité incriminante au Québec, semblant devoir compter parmi elles. Attendu qu’une violence ou agression verbale, d’homme à femme, peut fort bien en être une – (forme d’)agression sexuelle.

    Le milieu politique en étant un abondamment pourvu côté avocat.e.s, aire des plus conservatrices; guère étonnant que ça n’y évolue pas vite. Qu’il puisse y avoir rapprochements entre caucus et cocus, secret professionnel aidant…

    Moins rigolote aujourd’hui cette suggestion de féministes arguant que des députés tel Lebel, même acquittés devraient quitter. Oh la la.

    À vrai dire, il y a pire. Il y a pire — (à moins de « développements » fracassants sur l’affaire, qui seraient étonnants, considérant que le soupçonné ou accusé de rétorque déjà croire pouvoir démontrer n’avoir rien à se reprocher) —; pire, donc, que des Lebel au royaume du plus mauvais agir en politique. Où…

    … dirait-on, aurait-on trouvé d’inédits « remplaçants » sujets à accusation ou à « investigation serrée » côté agression. Où ainsi passerait-on d’une vaste aire d’influence à une autre; du showbiz — (Salvail / Rozon) — aux poli (politique et police [Lebel / Prud’homme]).

    Pas de différence? Que oui. Puisque, quoique, en effet, les premiers se soient ultimement vus acquittés judiciairement, tout le monde sait qu’ils ne sont pas « blancs » au chapitre. Alors que le grand chef de police, par exemple, sur qui on ne laisse de s’acharner — («on» = gouvernement) —; lui, en sa feuille de route ne trouve-t-on guère à redire eu égard au type de comportement qui lui serait reproché à grand renfort.

    Autrement dit, résumé, stupéfiant de constater qu’à de légendaires agisseurs troubles, côté agressions, s’en tirant indemnes; pourraient succéder des n’ayant fait presque rien ou pas grand-chose écopant, eux, de lourds, lourds châtiments. Consternant qu’on laisserait filer, donc, de gros poissons entre les mailles du système et que pourchasserait-on de bien petits menés comparativement.

    Surtout, plus stupéfiant encore de constater de qui émane l’accablement. En le premier cas (showbiz), ç’originait de citoyen.ne.s « ordinaires »; en le dernier cas (poli), ç’origine du gouvernement même ou (de membre) du législateur même à l’égard d’un égal – « sujet de la Reine »… Pas rien.

    Avant de se pencher sur le plus critiquable de la chose, considérons-en un aspect à peine moins navrant. Soit les relations ayant eu cours ou, plutôt, plus précisément ou probablement, ayant fait défaut d’avoir cours entre les impliqué.e.s mêmes. On a l’étrange impression que ces gens ne se sont pas parlé. Ne s’en sont pas parlé. De ce qui fait objet de plainte. Car, selon toute évidence, y aurait-il eu violence, considérée agression, verbale, de monsieur P (police) vis-à-vis Madame; qui aurait mis des années à s’en plaindre. Tout pareillement, à la stupéfaction de tout le monde, y compris, semble-t-il, du principal concerné, celui-ci aurait-il dit ou fait quelque chose, considéré agression, mais revendiqué telle également seulement des années plus tard (il n’y a que trois jours séparant les événements allégués advenus tous deux il y a trois ans).

    Question : n’aurait-il pu y avoir « arrangement », « résolution de problème », conciliation, médiation, explications, expression de désolation, excuses, pardon, ou quoi que ce fût d’autre semblable; advenant qu’on eut pris la peine de se parler, de s’en parler, d’homme à homme, i.e. d’homme à femme, d’abord, (accompagnées au besoin); au lieu de n’en rien faire et de se garrocher plutôt, exclusivement, à retardement, vers un tribunal ou des tribunaux en guise de sanction ou d’« expiation » ?

    Mais le « meilleur », au sens du pire, est ce qui aura été agi par le gouvernement même à cet égard. Car, oui, est-ce une chose qu’une personne haut placée, par un comportement donné, envoie à l’abattoir qqn non seulement à réputation ‘intacte’, irréprochable, mais aussi considéré unique, comme irremplaçable, attendu e.g. qu’il n’y aurait (eu) tellement personne d’autre de cette qualité en son domaine, qu’avait-on dû le dépêcher ailleurs en même temps que le garder en réserve pour (son) ici et l’y ramener…; et qu’ajoute-t-elle ensuite, à la légère, presqu’en rigolant, que, là, s’en va-t-elle, maintenant, voir ailleurs si elle s’y trouve. C’en est une autre (chose) qu’un gouvernement même, après avoir laissé languir interminablement un innocent indûment « accusé » de comportement possiblement « criminel », duquel se voit-il absout complètement; que ce gouvernement, donc, assigne ensuite un comité, dont fait partie un « chum », s.v.p., de la plaignante, pour « investiguer » et déterminer si le monsieur innocent n’aurait pas commis par ailleurs quelque impair déontologique… Puis qu’enfin, se basant sur pareille « analyse »!, absolument invalide et non valable, pour ne pas dire grotesque, en raison de la composition même du comité l’ayant faite, continue de soumettre à inhumaine torture interminable – Qqn… Eh bien…

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